Decathlon et Céraclès Coopérative (ex-groupe Sport 2000 France) ont annoncé une lettre d’intention pour que le leader français prenne la moitié de la centrale qui mutualise achats, construction de l’offre, logistique et marketing. La centrale réalise 98 millions d’euros de chiffre d’affaires et seulement 215 000 euros de bénéfice net en 2025; les points de vente resteront juridiquement indépendants et ne seraient pas rachetés par Decathlon.
Le projet, susceptible d’être finalisé « courant 2027 », vise selon Bastien Grandgeorge à combiner les forces du modèle intégré de Decathlon — concepteur de marques comme Quechua — et le modèle coopératif de Céraclès. Le président de Céraclès, Thierry Lavigne, évoque l’introduction possible de produits Decathlon chez certains magasins Sport 2000 pour combler des lacunes d’offre, tout en garantissant que chaque commerçant restera libre de les vendre ou non.
La complémentarité géographique est un argument clé : Sport 2000 est bien implanté en zones rurales et en stations de montagne, segments où Decathlon, souvent présent par de plus grands formats, est peu représenté. Les partenaires prévoient aussi des coopérations sur le commerce en ligne et des services — location de matériel de ski, réparation de vélos via Mondovélo — sans transformation des enseignes de Céraclès.
Le dossier devra convaincre l’Autorité de la concurrence, qui avait évalué début 2024 qu’un adhérent d’Intersport et Decathlon pouvaient encore exercer une pression concurrentielle après des reprises de magasins Go Sport en 2023. L’entrée de Decathlon dans la centrale impose un nouvel examen, malgré l’indépendance juridique des magasins.
Céraclès a vu ses ventes reculer : ses 732 magasins ont réalisé 788 millions d’euros en 2025, en baisse de 5% malgré 30 points de vente supplémentaires; le groupe anticipe 768 millions en 2026 mais maintient l’ambition d’atteindre 1 000 magasins d’ici 2030. Decathlon France affichait près de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025.


