L'espoir d'une reprise durable des introductions en Bourse se heurte en 2026 à la volatilité et à une plus grande exigence sur les prix. Plusieurs opérations très attendues ont été annulées, suspendues ou profondément remaniées dans différentes régions et différents secteurs.
Firmus constitue le cas le plus récent. L'opérateur australien de centres de données d'intelligence artificielle, soutenu par Nvidia, a retiré en octobre une IPO qui visait une valorisation d'environ 30,6 milliards de dollars. Il prévoit désormais de rechercher des financements privés et d'examiner d'autres options de cotation.
Aux États-Unis, Clear Street a abandonné en février son projet après l'avoir reporté et avoir fortement réduit son objectif de levée. Oura a suspendu en septembre une opération pouvant atteindre 2,2 milliards de dollars et une valorisation de 15 milliards. Holtec Nuclear a retiré son introduction après un premier report, tandis que Bamboo Insurance avait envisagé de vendre 35 millions d'actions entre 18 et 20 dollars pour lever jusqu'à 700 millions.
D'autres dossiers confirment que le phénomène dépasse la technologie. Amaero a reporté son offre américaine de 7,5 millions d'actions. Le groupe de défense franco-allemand KNDS a suspendu une cotation potentiellement valorisée autour de 15 milliards d'euros. CopperTech Metals a différé une levée de 423,5 millions de dollars, qui aurait valorisé l'entreprise jusqu'à 3,57 milliards. En Inde, PhonePe, soutenue par Walmart, a mis son projet en attente alors qu'une valorisation de 9 à 10,5 milliards de dollars était envisagée.
Le point commun n'est pas l'absence de croissance, mais l'écart entre les attentes des vendeurs et le prix que le marché accepte de payer dans un contexte incertain. Les financements privés offrent une solution temporaire, mais repoussent la confrontation avec la liquidité et la transparence du marché coté.
Pour l'investisseur, cette série de reports signale que la discipline de valorisation revient au premier plan. Une reprise solide des IPO nécessitera moins de volatilité, des prix d'émission plus raisonnables et des modèles économiques capables de démontrer leur rentabilité ou leur financement à long terme.


