Le débat sur les prix des carburants se concentre désormais sur la marge réalisée entre l’achat du pétrole brut et la sortie de raffinerie. Dominique Schelcher, président de Coopérative U, estime que les marges des raffineurs ont atteint des niveaux exceptionnels depuis le début de la crise liée au conflit au Moyen-Orient.
Son intervention fait suite à la décision de TotalEnergies de plafonner les prix dans ses stations. Le dirigeant reconnaît que le groupe pétrolier dispose d’un avantage structurel: il intervient dans l’extraction, le raffinage et la distribution. Cette intégration lui permet d’arbitrer entre plusieurs sources de marge et d’absorber plus facilement une partie de la hausse des coûts.
Les enseignes de grande distribution se trouvent dans une situation différente. Leurs stations achètent le carburant à des fournisseurs, puis le revendent aux automobilistes. Elles ne contrôlent donc ni l’extraction ni le raffinage et disposent d’une capacité plus limitée pour plafonner durablement le prix final.
Dominique Schelcher affirme que les marges de raffinage auraient été multipliées par quatre ou cinq pendant la crise. Il demande un contrôle accru et suggère de réduire le prix facturé à l’ensemble des distributeurs afin que la baisse bénéficie à un plus grand nombre de consommateurs. Ces proportions sont avancées par le dirigeant dans son intervention, sans série chiffrée détaillée fournie dans la publication.
L’évolution réelle des prix dépend de plusieurs éléments: cours du brut, coût du raffinage, transport, fiscalité, taux de change et concurrence locale. Pour mesurer la part imputable aux raffineurs, il faudra donc suivre des indicateurs publiés et comparables plutôt que déduire une marge nette du seul prix affiché à la pompe.


