La tension sur la dette française s’est accentuée le 24 septembre avec un rendement de l’OAT à 10 ans porté à 4,70 %. Dans le même temps, l’écart de rendement avec le Bund allemand de même maturité a atteint 1,13 point de pourcentage. Ce spread est un indicateur suivi de près car il mesure la rémunération supplémentaire exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt qu’allemande.

Une partie du mouvement est mondiale. La remontée des taux longs et la perspective de politiques monétaires durablement restrictives augmentent le rendement demandé sur les obligations souveraines. Le choc énergétique ajoute une pression supplémentaire : le pétrole a récemment dépassé 100 dollars le baril, ravivant les inquiétudes sur l’inflation et réduisant la marge de manœuvre des banques centrales pour assouplir leur politique.

La France subit en plus une prime de risque spécifique. Les investisseurs évaluent la trajectoire des finances publiques, le niveau du déficit et la capacité politique à stabiliser l’endettement. Lorsque ces doutes augmentent, l’OAT peut se tendre davantage que le Bund, ce qui explique l’élargissement du spread même lorsque l’ensemble des rendements européens progresse.

Pour les investisseurs français, cette hausse a un double effet. Elle rend les nouvelles émissions obligataires plus rémunératrices, mais fait baisser la valeur de marché des obligations anciennes à taux fixe. À plus long terme, un coût de financement souverain durablement élevé peut également se transmettre aux conditions de crédit de l’économie et peser sur les valorisations des actifs sensibles aux taux.