La dette et les dépenses publiques ont été au cœur de l'échange entre candidats à la présidentielle lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef. Une consultation auprès des entrepreneurs y indique que 75% d'entre eux considèrent prioritaire de réduire dette et dépenses. La dette publique française est rappelée à un niveau élevé : 117,5% du PIB au premier trimestre 2026, plus haut niveau depuis 2009.

Jean-Luc Mélenchon propose une approche européenne ciblée sur la dette détenue par la Banque centrale européenne, estimant qu'une initiative collective pourrait faire baisser les taux d'intérêt (il évoque des taux supérieurs de plus de 4 points) et améliorer le ratio dette/PIB. Il rejette l'idée d'une dépense publique systématiquement excessive et veut conditionner davantage les aides aux entreprises, tout en demandant des marges de manœuvre financières et un meilleur accès au crédit.

Edouard Philippe a fortement critiqué cette option, jugeant qu'« brûler la dette » exposerait la France à un risque d'« interdit bancaire » et qualifiant la proposition de « dangereuse ». Pour lui, l'effort doit porter sur la maîtrise des dépenses publiques, en particulier sociales, et sur le redressement des comptes dans la durée.

Gabriel Attal fixe un objectif chiffré : revenir sous les 3% de déficit en 2032 et atteindre l'équilibre budgétaire en 2037. Il soutient que la hausse du déficit en 2024 vient principalement des dépenses sociales plutôt que des dépenses de l'État, et plaide pour que l'essentiel des économies porte sur ces postes.

Marine Le Pen appelle à une réduction drastique du « train de vie » de l'État et annonce un plan d'économies de 125 milliards d'euros avant le débat budgétaire. Elle pointe aussi le coût de l'immigration sur la protection sociale et souhaite réduire la contribution nette de la France au budget de l'UE, qu'elle estime devoir rester proche de 5 milliards d'euros.

Les positions oscillent donc entre propositions de remises ou restructurations de dette au niveau européen et plans internes d'économies ciblant surtout les dépenses sociales et le fonctionnement de l'État.