Daniel Baal, président de Crédit Mutuel Alliance fédérale, a qualifié mardi d’« inacceptable » le niveau actuel de la dette publique française, en pointant l’impact de la récente remontée des taux d’intérêt. Le rendement de l’OAT 10 ans a atteint son plus haut depuis 2008, tandis que l’Insee place la dette publique à 117,5 % du PIB fin mars. Pour lui, c’est la combinaison du volume et du coût de la dette qui franchit un seuil d’alerte.
Le banquier a averti qu’une dégradation de la note souveraine risquerait d’aggraver la pression sur les taux : « si la France venait à être dégradée par les agences de notation… il y aurait encore une augmentation des taux, et peut-être qu'un jour, l'État français aurait du mal à se financer ». Il rappelle aussi l’exposition des banques françaises et des contrats d’assurance-vie, principaux prêteurs de l’État, qui seraient menacés en cas de défaut.
Interrogé sur l’idée d’effacer la dette, évoquée par Jean-Luc Mélenchon, Daniel Baal a souligné les limites juridiques et pratiques : les traités actuels empêchent une telle démarche, et la sortie de la zone euro entraînerait des conséquences potentiellement plus lourdes, notamment des taux encore plus élevés. Il a rappelé que la protection offerte par la zone euro a été utile après la période d’instabilité politique liée à la dissolution d’il y a deux ans.
Sur le plan des notations, Fitch a maintenu la note de la dette française à A+ avec perspective stable. Moody’s doit se prononcer le 23 octobre et S&P Global Ratings le 27 novembre, des échéances que Baal et le marché surveilleront de près pour juger du risque de nouvelle dégradation.


