Lors de l'émission C dans l'air, le président du Crédit Mutuel Daniel Baal a jugé la situation de la dette publique française critique : selon lui, le «seuil d'alerte est atteint depuis un moment», en raison à la fois du niveau élevé de l'endettement et de la hausse des taux d'intérêt, qualifiés de plus importants depuis 2009. Il souligne que l'alourdissement du coût du financement pèse directement sur le déficit budgétaire et aggrave une situation déjà «inacceptable».

Baal attire l'attention sur l'exposition des établissements financiers et de l'assurance-vie, qui figurent parmi les principaux prêteurs de l'État et financent une part significative de la dette. En cas de défaut souverain, ces acteurs et, par extension, l'épargne des ménages seraient menacés. Il nuance toutefois que la France n'en est pas (selon lui) à ce stade aujourd'hui.

Le dirigeant écarte la proposition d'effacement de la dette avancée par Jean-Luc Mélenchon, en rappelant les contraintes des traités européens. Il souligne que sortir de la zone euro pour contourner ces traités aurait des conséquences «autrement lourdes». À l'inverse, Baal présente l'appartenance à l'euro comme une protection qui empêche des taux de marché «beaucoup plus élevés».

Enfin, il met en garde contre un abaissement futur de la note souveraine par les agences de notation : une dégradation relancerait la hausse des taux, compliquant le refinancement par l'État et risquant de restreindre l'accès aux prêteurs à l'avenir.