Devon Energy a conclu la vente de ses actifs d’Eagle Ford à Crescent Energy pour 4,2 milliards de dollars en numéraire. Cette cession prolonge le recentrage du producteur américain sur le bassin permien, devenu le cœur de son portefeuille après son rapprochement avec Coterra, une opération qui avait valorisé l’ensemble combiné autour de 58 milliards de dollars.
Les actifs concernés couvrent environ 90 000 acres nets dans les comtés de Karnes, DeWitt et Gonzales, au sud du Texas. Ils représentent près de 4 % de la production totale de Devon en barils équivalent pétrole. Cette part relativement limitée de la production, comparée au montant encaissé, permet au groupe de présenter la transaction comme un moyen d’améliorer l’efficacité de son capital tout en simplifiant son périmètre.
Devon prévoit d’utiliser le produit pour accélérer les rachats d’actions et consolider son bilan. Pour les investisseurs, l’arbitrage est clair : l’entreprise renonce à des volumes et à une diversification géographique en échange de liquidités immédiates, d’une structure financière plus robuste et d’une concentration accrue sur ses actifs jugés prioritaires. La qualité de l’opération dépendra donc autant du prix obtenu que de l’allocation effective des 4,2 milliards de dollars.
Le titre Devon progressait de 2,2 % avant l’ouverture, tandis que Crescent reculait de 1,7 %. Ce contraste reflète le soulagement des actionnaires du vendeur et les interrogations habituelles sur l’effort financier demandé à l’acquéreur. La transaction intervient dans une industrie américaine du pétrole de schiste marquée par un vaste mouvement de consolidation et de cessions, avec environ 450 milliards de dollars d’opérations annoncées depuis 2023.
La clôture est attendue avant la fin de 2026, sous réserve des conditions usuelles. D’ici là, le marché surveillera les autorisations, l’évolution du bilan et le rythme des rachats. À plus long terme, Devon devra démontrer qu’une exposition plus concentrée au Permien améliore durablement ses rendements sans accroître excessivement sa sensibilité à un seul bassin de production.

