Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu à Sakhaline puis à Itouroup, l'une des quatre îles contestées des Kouriles, où il a visité une usine de transformation du poisson, a reçu du caviar et s'est rendu dans une école. C’est la première visite présidentielle russe sur ces îles depuis celle de Dmitri Medvedev en 2010. À Sakhaline, il a aussi présidé une réunion sur la « garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie », selon RIA Novosti.

Le déplacement a déclenché une vive réaction japonaise: la Première ministre Sanae Takaichi a jugé la visite « absolument inacceptable » et le ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi a convoqué l'ambassadeur russe Nikolaï Nozdrev pour exprimer des « vives protestations ». Tokyo rappelle que, depuis 1945, il considère la partie la plus méridionale des Kouriles comme « occupée illégalement » et invoque le traité russo-japonais de 1855 pour soutenir sa position.

Moscou a riposté par la voix de Maria Zakharova, qui a qualifié les critiques d'« infondées » et dénoncé une « politique antirusse frôlant l'hostilité ». La porte-parole a réaffirmé la souveraineté russe sur les îles et reproché à Tokyo de vouloir dicter les déplacements du chef d'État. Poutine a lui-même déclaré que la Russie ne menaçait pas le Japon, accusant ce dernier de formuler des « revendications territoriales » contre Moscou.

L'enjeu dépasse la symbolique: les Kouriles abritent environ 20.000 citoyens russes, des ressources minières (or, argent) et d'importantes zones de pêche. Elles ont été militarisées avec des systèmes Bastion et des chasseurs Su-35, offrant à la Russie des capacités de contrôle des voies maritimes et un levier de pression, selon des experts cités par l'AFP. Ce contentieux empêche toujours la signature d'un traité de paix entre Tokyo et Moscou.