Le gouvernement américain a annoncé la suspension pendant 90 jours des droits de douane sur l’importation de 300 000 tonnes de viande de bœuf destinée à être vendue hachée. Selon Donald Trump, la viande importée sera vendue « à un prix inférieur de 25 % aux prix actuellement pratiqués sur le marché », mesure présentée comme un levier pour réduire le coût de la vie avant les élections de mi‑mandat.
La décision suscite une vive réprobation au sein du secteur. Colin Woodall, président de l’Association nationale des éleveurs de bœuf, qualifie la mesure de « douche froide » pour l’objectif d’augmenter le cheptel américain et dénonce un sacrifice de la stabilité à long terme au profit d’un effet de communication à court terme. La sénatrice républicaine Deb Fischer (Nebraska) estime que l'« inondation » du marché par du bœuf étranger nuira aux élevages locaux et saperait la stratégie visant à accroître la production nationale.
Les éleveurs subissent déjà des pressions : la sécheresse dans les zones productrices et la hausse des coûts ont contribué à une augmentation des prix de la viande de bœuf de 10 % sur les douze derniers mois. Sur les marchés à terme, l’annonce a eu un impact limité : les contrats sur le bétail vif ont reculé de 1,9 % à la Bourse de Chicago, tout en restant nettement au‑dessus des niveaux observés en début d’année.
La décision inclut aussi l’ouverture accrue des importations depuis des pays comme le Brésil, le Mexique et l’Argentine. À l’approche des législatives, le coût de la vie est un thème central de campagne, et l’opposition démocrate pointe les droits de douane élevés et d’autres politiques internationales du président comme facteurs de la hausse des prix.


