L'arrêté du 26 août, effectif au 1er janvier 2027, réduit le facteur de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE de 1,9 à 1,7. Ce correctif technique revalorise automatiquement la performance énergétique réglementaire de logements chauffés à l'électricité : la consommation réelle et le confort restent inchangés, mais l'étiquette officielle s'améliore.

Selon l'étude d'impact transmise au Conseil supérieur de l'énergie, 125 000 logements du parc locatif privé — soit 14 % de ce segment — pourraient sortir du statut de « passoire énergétique ». Les logements situés aux limites supérieures des classes F et G sont les principaux concernés. Pour les bailleurs, cela signifie que certains biens initialement interdits ou retirés du marché peuvent retrouver la possibilité d'être loués, sans travaux immédiats.

Le calendrier réglementaire garde cependant toute son importance : les logements classés G sont déjà exclus de la location, les F le seront à partir de 2028 et les E à partir de 2034. Le nouveau calcul peut donc permettre de gagner quelques années avant d'atteindre ces échéances. L'arrêté prévoit par ailleurs que les propriétaires pourront télécharger une attestation de changement d'étiquette via l'observatoire de l'Ademe pour les DPE existants concernés.

Au-delà du locatif, un meilleur DPE peut atténuer la décote à la revente et rassurer des acquéreurs potentiels, même si, en substance, le bien ne consomme pas moins. Les acteurs du marché — réseaux d'agences et diagnostiqueurs — voient dans ce réajustement un levier commercial et une incitation à reprendre contact avec des propriétaires dont les biens avaient été retirés de la location en raison d'un mauvais DPE.

La mesure relance aussi la critique d'un système de notation de plus en plus favorable à l'électricité, après un premier ajustement intervenu début 2025 : le débat sur la pertinence et la pérennité des coefficients de conversion reste donc ouvert.