Le gouvernement canadien dévoilera mardi à 13h00 GMT sa réponse aux surtaxes américaines que Donald Trump a annoncées après l'échec des négociations bilatérales. Trump a précisé sur Truth Social qu'à compter du 1er janvier 2027 toutes les voitures, camions, pièces détachées et l'acier verraient leurs taxes portées à 50%. Washington menace au total des surtaxes sur 20 milliards de dollars de produits canadiens, incluant aussi le ciment, le vin et les crosses de hockey.

Le Premier ministre Mark Carney a rompu les discussions après des propositions qu'il jugeait «injustes», estimant que les États-Unis visaient à détruire des secteurs clés comme l'automobile, l'acier et l'aluminium. Ottawa dit avoir négocié «de bonne foi» plus d'un an et se dit prêt à protéger son statut linguistique lorsque certaines revendications américaines touchaient au français, sujet sensible au Canada officiellement bilingue.

Sur le plan politique intérieur, la rupture bénéficie d'un large soutien: un sondage citant le gouvernement indique que 76% des Canadiens approuvent la fin des négociations et 62% soutiennent les représailles évoquées par Carney. La dépendance économique reste néanmoins cruciale: les États-Unis absorbent environ 70% des exportations canadiennes, un facteur qui complexifie la riposte commerciale d'Ottawa.

Les tensions verbales montent: le Premier ministre ontarien Doug Ford a violemment critiqué Trump, qui a en retour menacé le Canada sur Truth Social et évoqué une hyperbole politique en proposant même à la plaisanterie que le pays devienne le 51e État. Plus mesuré, le vice-président américain JD Vance accuse Ottawa de demandes «déraisonnables» en phase finale des pourparlers.

Les observateurs soulignent le risque inflationniste d'une surenchère tarifaire: des droits de douane plus élevés pèseraient sur les prix et pourraient aggraver le mécontentement intérieur aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat prévues début novembre.