Mark Carney a annoncé samedi des mesures de rétorsion tarifaires contre les États‑Unis, en réponse au « mauvais accord » refusé et aux droits de douane américains mis en place samedi. Les surtaxes canadiennes, qui entreront en vigueur le 8 septembre, viseront notamment l'acier, les produits laitiers, l'industrie du papier, les machines agricoles et l'électronique. Leur montant sera fixé « au dollar près » pour égaler les droits américains qui frappent environ 20 milliards de dollars d'importations canadiennes, citant des produits comme le ciment ou les crosses de hockey.
La décision fait suite à l'arrêt des négociations commerciales par Ottawa, après que, selon Carney, Washington a tenté au dernier moment d'ajouter des clauses limitant la capacité du Canada à conclure d'autres accords. Jamieson Greer, négociateur américain, a déclaré sur Fox News que les États‑Unis prendraient « des mesures pour répondre aux rétorsions canadiennes » et qu'aucun cycle de négociation avec le Canada n'était à l'ordre du jour. De son côté, le président américain a publié des critiques sur Truth Social, dénonçant le Canada et plaidant que « ça suffit » face aux barrières imposées aux agriculteurs américains.
Mark Carney a aussi mis en avant des enjeux d'identité culturelle, évoquant des « menaces contre la langue française » et la « culture québécoise » liées aux subventions culturelles, à la place des médias francophones en ligne et à l'étiquetage bilingue, qui ont pesé dans la rupture des discussions. L'ensemble de la classe politique canadienne a soutenu la décision, tandis que Carney a promis des mesures de soutien aux entreprises, qui seront détaillées la semaine prochaine.
Confronté à cette escalade, le Canada cherche à diversifier ses partenariats commerciaux en Asie et en Europe depuis l'arrivée au pouvoir de Carney en mars 2025. La Business Roundtable, dirigée par Joshua Bolten, a appelé au retour à la table des négociations et à la levée des droits de douane « néfastes ». Ottawa reconnaît toutefois que l'économie canadienne pourrait souffrir, les États‑Unis représentant aujourd'hui environ 70% des exportations canadiennes.


