Le Canada doit détailler mardi à 15h00 GMT sa «réponse aux droits de douane américains» lors d'une conférence de presse réunissant plusieurs ministres, dont le ministre des Finances. Le gouvernement annoncera aussi «de nouvelles mesures pour protéger et soutenir les travailleurs et les entreprises du Canada» face à un conflit commercial qui s’envenime entre les deux voisins.

Mark Carney a rompu les négociations commerciales avec Washington et précisé samedi que les représailles canadiennes cibleraient notamment l'acier et les produits laitiers. Ottawa indique que le montant des mesures de rétorsion sera équivalent «au dollar près» aux droits de douane américains frappant le Canada depuis samedi, et que ces mesures entreront en vigueur le 8 septembre.

Les tensions ont encore augmenté après l’annonce par Donald Trump que les taxes douanières sur l'automobile et l'acier canadiens passeraient à 50% au 1er janvier. Washington applique depuis samedi 00H01 des surtaxes punitives touchant 20 milliards de dollars de produits canadiens importés, incluant du ciment et des crosses de hockey; ces taxes avaient été initialement repoussées alors qu’un accord semblait possible.

Le président américain multiplie les attaques verbales, évoquant même de «changer le nom du Lac Ontario en Lac de l'Amérique» et affirmant qu'il ne compte plus faire «beaucoup de business avec l'Ontario». Ottawa a dénoncé des conditions «injustes» dans le projet d'accord américain, qui, selon lui, visait des subventions et obligations liées à la culture et aux médias francophones et à l'étiquetage bilingue. Mark Carney a répété que le Canada n'accepterait pas «un accord à n'importe quel prix» et mise sur la diversification de ses partenaires (Asie, Europe) et sur ses ressources (pétrole, minéraux).

Le soutien public et politique est important: un sondage ce week-end donne 76% d'appui à la rupture des négociations et 62% au recours aux représailles; la classe politique canadienne se dit majoritairement derrière le Premier ministre.