Le gouvernement américain a annoncé le 13 août l’instauration de droits de douane ciblés sur les drones et leurs composants afin de soutenir l’industrie nationale et réduire la dépendance à la Chine. La mesure prévoit des taxes allant jusqu’à 100 % pour les drones dont le poids au décollage dépasse 25 kg, pour les appareils équipés de caméras thermiques, pour les stations d’accueil et pour certains composants jugés sensibles. Un taux de 25 % s’appliquera aux drones de plus petite taille destinés principalement au marché civil grand public.
La décision est justifiée par des motifs de sécurité nationale : les autorités estiment que la nature « à double usage » des drones — civil et militaire — expose les États-Unis à des risques d’espionnage, d’exfiltration de données et d’attaques. Une note officielle de décembre 2025 avait déjà identifié le besoin de construire les drones et composants sur le sol américain pour réduire ces vulnérabilités. Par ailleurs, la FCC a ajouté les drones et leurs pièces à une liste permettant d’interdire certaines importations à l’avenir, même si les appareils déjà autorisés restent utilisables pour l’instant.
La mesure vise en priorité les appareils industriels et commerciaux, souligne le spécialiste Clayton Swope (CSIS), et s’inscrit dans un contexte où la société chinoise DJI détient plus des deux tiers du marché mondial depuis plusieurs études citées. DJI est par ailleurs dans le collimateur des autorités américaines : inscrite depuis 2022 sur une liste d’entreprises chinoises liées à l’armée, elle fait l’objet de restrictions sur l’accès aux technologies américaines et d’accusations concernant la surveillance des Ouïghours.
L’administration présente ces droits de douane, applicables majoritairement à partir du 3 septembre, comme un levier pour encourager la production domestique de drones et de composants, réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement étrangères et limiter les risques d’exploitation des appareils importés.


