L’avenir de Duralex se joue devant le tribunal de commerce d’Orléans, appelé à examiner trois offres de reprise et à entériner la fin de la coopérative créée par les salariés. La verrerie, placée en redressement judiciaire le 1er juin pour la cinquième fois en vingt ans, cherche une solution permettant de maintenir son activité industrielle et une part significative de ses emplois.

Deux offres sont présentées comme les plus avancées. Le groupe stéphanois Carlesimo propose de conserver 125 postes, tandis que l’entrepreneur Cédric Meston, via sa holding Tomé, en prévoit 155. Duralex employait 243 salariés en début d’année. Selon La République du Centre, le projet de Cédric Meston mobiliserait environ 15 millions d’euros, dont 5 millions de fonds propres, complétés par des financements publics destinés notamment à la performance énergétique. Le ministère de l’Industrie n’a pas confirmé ces montants, mais considère les deux propositions industrielles comme intéressantes.

La troisième offre, déposée par le fonds hongkongais AA Investments, viserait surtout la marque et ne maintiendrait que trois emplois. Pour le territoire comme pour les créanciers, la comparaison ne porte donc pas seulement sur le prix : elle englobe la pérennité de la production, le financement du redémarrage et la crédibilité du plan industriel.

La direction actuelle affirme avoir multiplié la trésorerie par huit depuis son changement du 2 avril, un élément présenté comme la preuve qu’un redressement reste possible. Cette amélioration doit toutefois être appréciée dans le contexte d’une entreprise plusieurs fois passée par des procédures collectives. En parallèle, une enquête du parquet d’Orléans est en cours, après des opérations judiciaires menées début septembre. Les anciens dirigeants cités dans la procédure contestent toute implication dans d’éventuelles malversations.

La décision du tribunal déterminera désormais le périmètre sauvegardé, les emplois repris et les moyens disponibles pour moderniser un outil industriel exposé aux coûts énergétiques.