Le Fonds monétaire international a réagi à un article du Financial Times en niant avoir écarté Ricardo Reis du recrutement pour le poste de chef-économiste à cause de ses critiques des droits de douane américains. Selon le FT, Reis, professeur à la London School of Economics et considéré comme favori, aurait été finalement retiré de la sélection en raison de déclarations publiques sur X en avril 2025 et d’un podcast en mai où il jugeait significatifs les effets inflationnistes des tarifs imposés à la Chine entre 2018 et 2020.

Le FMI rappelle, via des propos repris par l’AFP et la porte-parole Julie Kozack, qu’il se doit d’exercer un regard critique sur les politiques menées par ses pays membres. Des sources internes ont aussi souligné que le Fonds lui-même avait mis en garde contre un risque de reprise de l’inflation et une pression sur la consommation des ménages liée aux droits de douane américains, positions que Ricardo Reis avait publiquement avancées.

Le recrutement intervenait après le départ de Pierre-Olivier Gourinchas, dont la sortie effective remonte à fin juin et qui retournait à l’enseignement à Berkeley. C’est finalement Silvana Tenreyro, ancienne membre du comité de politique monétaire de la Bank of England et, comme Reis, professeure à la LSE, qui a pris le poste le 8 juillet. Le contexte de nomination intervient alors que le FMI a connu un renouvellement important de ses cadres supérieurs ces derniers mois, incluant le départ à la retraite de directeurs régionaux et la nomination de Dan Katz comme directeur général adjoint en remplacement de Gita Gopinath.

Le débat public autour des effets des droits de douane et la communication des candidats ont donc pris une place notable dans le processus de sélection, même si le FMI conteste une décision motivée par censure. L’affaire souligne la sensibilité des nominations à des postes de haut niveau aux prises de position publiques sur des politiques économiques internationalement débattues.