Éric Heyer de l'OFCE alerte sur une conjoncture française dégradée : le PIB a baissé de 0,2% au premier trimestre 2026, l'investissement des entreprises recule sous l'effet de la hausse des coûts, des taux d'intérêt élevés et d'une visibilité réduite, et le nombre d'emplois diminue. L'Insee anticipe un recul du pouvoir d'achat de 0,3% sur l'année, et le déficit public s'inscrit en légère hausse selon l'économiste.
La détérioration tient en grande partie à des replis sectoriels très marqués. L'agriculture, qui ne représente que 6% du PIB, a vu sa production chuter de 7% sur le semestre et pourrait atteindre -12% en fin d'année ; la construction affiche une baisse de production de 8,5% en juin (données du site Demócrata). Ces contre-performances expliquent le contraste entre un PIB faible et des enquêtes de conjoncture montrant un redressement, l'agriculture n'étant pas couverte par ces sondages alors que l'industrie l'est.
Les 94% restants de l'économie montrent toutefois des signes de soutien : l'industrie manufacturière progresse de 0,8% sur le semestre (soit 1,6% en rythme annuel). L'OFCE prévoit une stabilisation de l'inflation si les prix du pétrole et du gaz restent au niveau actuel, à 2,1% en 2026 et 2,0% en 2027 ; sans choc géopolitique, l'inflation aurait été moindre de 0,8 point.
Malgré cela, la croissance restera très modeste, avec des trimestres à +0,1% et +0,2%, ce qui laisse la France en dessous de son potentiel spontané estimé à 1,2–1,3% par an. La rigueur budgétaire pèse pour -0,3 point de croissance, les incertitudes géopolitiques et commerciales pour -0,1 point, et les impacts climatiques contribuent à une perte totale de 0,8 point sur le PIB. Avec une augmentation de la population active et une croissance annuelle attendue de 0,5–0,6% inférieure aux gains de productivité (1,2–1,3%), l'OFCE estime que l'économie détruit environ 0,8% d'emplois.


