La Banque centrale européenne a décidé un relèvement de 25 points de base de son principal taux directeur, porté à 2,5%, lors d'une réunion tenue à Berlin. Cette hausse, la deuxième de l'année, répond au regain d'inflation alimenté par la hausse des prix de l'énergie consécutive aux hostilités impliquant Washington, Téhéran et les frappes des rebelles houthis affectant les flux entre Bab el-Mandeb et Ormuz. Le Brent a repassé la barre des 100 dollars le baril, contribuant à la poussée inflationniste.

L'inflation globale dans la zone euro a atteint 3,3% en août, son niveau le plus élevé depuis trois ans et au-dessus de l'objectif de 2% de la BCE. L'inflation sous-jacente, qui exclut énergie et alimentation, a légèrement ralenti à 2,4% sur un an, mais la banque centrale s'inquiète du risque de transmission de ce choc énergétique à travers des effets de second tour, via des revendications salariales et des répercussions sur les prix des entreprises.

Pour limiter ces dynamiques, la BCE cherche à ralentir la demande en renchérissant le coût du crédit — sur le segment immobilier, les prêts aux entreprises et le financement public — afin de réduire la marge de manœuvre des entreprises pour répercuter la hausse des coûts. Le communiqué a souligné une forte incertitude des perspectives et a laissé ouverte la possibilité d'un nouvel ajustement des taux dans les prochains mois.

Sur les projections, Francfort a maintenu sa prévision d'inflation à 3,0% pour 2026 et l'a relevée à 2,5% pour 2027 (contre 2,3% auparavant). La prévision de croissance pour 2026 a été légèrement relevée à 0,9% (contre 0,8%), le PIB devant croître de 1,4% en 2027 puis 1,5% en 2028, un cadrage qui, selon certains analystes, laisse penser qu'un nouveau tour de vis ne compromettrait pas excessivement l'activité économique.