La Banque centrale européenne a décidé d’un relèvement de 0,25 point de son principal taux directeur (taux de dépôt) pour le porter à 2,5 %, lors d’une réunion tenue à Berlin. C’est la deuxième hausse de l’année, intervenue alors que la zone euro fait face à une nette remontée des prix de l’énergie liée aux hostilités entre Washington et Téhéran et aux attaques des rebelles houthis contre l’Arabie saoudite. Le Brent a franchi les 100 dollars le baril mercredi, une première depuis fin juillet, alimentant un surcroît d’inflation dans une région fortement dépendante des importations énergétiques.
L’inflation globale de la zone euro a atteint 3,3 % en août, le niveau le plus élevé depuis trois ans et nettement au‑dessus de l’objectif de 2 % de la BCE. L’inflation sous‑jacente, hors énergie et alimentation, a légèrement ralenti à 2,4 % sur un an. Face au risque de « deuxième tour » — hausses de salaires et répercussion des coûts sur les prix — la BCE met en avant la possibilité d’un nouvel ajustement monétaire si les pressions inflationnistes persistent.
Sur le plan macroéconomique, Francfort a maintenu sa prévision d’inflation pour 2026 à 3,0 % et l’a relevée pour 2027 à 2,5 % (contre 2,3 % précédemment). La croissance attendue pour 2026 a été légèrement améliorée à 0,9 % contre 0,8 % auparavant, la bonne tenue de l’Allemagne au premier semestre contribuant à cette révision. Le PIB devrait ensuite croître de 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028 selon les projections.
La BCE souligne l’incertitude élevée des perspectives, avec des risques orientés à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance. En relevant les taux, elle renchérit le coût du crédit immobilier, des prêts aux entreprises et du financement public, visant à freiner progressivement la demande et limiter la transmission des chocs énergétiques aux salaires et aux prix.


