EDF et Renault préparent une offre commune de recharge bidirectionnelle, ou V2G, disponible à partir de l’été 2027. Le principe consiste à charger une voiture électrique lorsque l’électricité est abondante, puis à réinjecter une partie de l’énergie stockée dans sa batterie lors des périodes où le réseau en a davantage besoin. Le propriétaire est rémunéré pour l’électricité restituée.

L’offre doit être distribuée dans les réseaux Renault, Alpine et Dacia. Elle comprendra l’installation à domicile d’une borne par IZI by EDF ainsi qu’un service de pilotage de la recharge. Tous les véhicules électriques ne sont pas compatibles : le déploiement dépendra donc des modèles éligibles, du temps pendant lequel ils restent branchés et des habitudes de mobilité de leurs utilisateurs.

Les deux groupes estiment que la valeur créée peut représenter jusqu’à l’équivalent de 10 000 kilomètres de recharge par an, selon le véhicule, sa consommation et sa disponibilité à domicile. Cette estimation constitue un potentiel commercial, pas une économie garantie pour chaque client. La technologie est déjà déployée dans certaines zones, notamment en Californie et en Suède.

L’intérêt du V2G dépasse la facture individuelle. En agrégeant un grand nombre de batteries automobiles, EDF peut disposer d’une ressource flexible pour rapprocher production et consommation, par exemple en absorbant une partie de la production solaire en journée puis en la restituant au début de soirée. Renault peut, de son côté, enrichir la proposition de valeur de ses véhicules électriques et renforcer la relation avec ses clients au-delà de la vente initiale.

Pour les investisseurs, la réussite dépendra du taux d’adoption, de la simplicité du parcours d’installation, de la rémunération offerte et de la maîtrise de l’usure des batteries. L’annonce ouvre une piste de revenus de services et de fidélisation, mais elle ne comporte ni objectif de volumes ni contribution financière chiffrée.