L’économie française traverse une phase de quasi-stagnation. Le produit intérieur brut a reculé de 0,2 % au premier trimestre puis n’a enregistré aucune croissance au deuxième. Les prévisionnistes conservent une hypothèse de reprise limitée au second semestre, qui porterait la croissance annuelle autour de 0,4 %.

Ce scénario reste fragile. Les effets économiques des épisodes de chaleur pourraient peser sur les prochains trimestres, tandis que la crise au Moyen-Orient entretient l’incertitude sur les matières premières. Les entreprises font déjà face à une hausse de certains coûts, à un recul des investissements et à des carnets de commandes moins dynamiques.

L’inflation pourrait atteindre 2,9 % en fin d’année. L’association d’une activité faible et de prix encore élevés alimente la crainte d’une stagflation, avec des conséquences possibles sur le pouvoir d’achat, la consommation, l’épargne et l’emploi. La hausse des taux de la Banque centrale européenne ajoute une contrainte pour les ménages, les entreprises et l’État.

Ce contexte réduit fortement les marges de manœuvre au moment où le gouvernement prépare le budget. Les arbitrages doivent concilier le redressement des finances publiques et le risque de freiner davantage l’économie. Le débat politique à l’approche de l’élection présidentielle peut compliquer l’adoption d’une trajectoire lisible.

Pour 2027, le gouvernement retient une croissance de 1 %. L’écart avec la faiblesse actuelle de l’activité rend cette hypothèse particulièrement importante à surveiller. Pour les investisseurs, la crédibilité du budget, l’évolution de l’inflation et la trajectoire des taux français seront plus déterminantes que les seules annonces de croissance.