La Suède est sortie de ses élections législatives sans vainqueur incontestable. D’après les résultats préliminaires rapportés après le scrutin, le bloc emmené par les sociaux-démocrates disposerait de 175 mandats, contre 174 pour l’alliance entre la droite et l’extrême droite au pouvoir depuis 2022. Cet écart d’un seul siège reste suffisamment faible pour que le décompte final soit déterminant.
Magdalena Andersson, cheffe des sociaux-démocrates et ancienne Première ministre, s’est déclarée prête à gouverner si cette avance était confirmée. Les premières estimations publiées pendant la soirée lui accordaient une position plus confortable, avant que l’écart ne se réduise au fil du dépouillement. Son rival, le Premier ministre conservateur Ulf Kristersson, estime pour sa part que la question du prochain gouvernement demeure ouverte.
Même en cas de victoire numérique du bloc de gauche, la constitution d’une majorité ne serait pas automatique. Cet ensemble réunit des formations allant du centre à l’extrême gauche, dont les positions peuvent diverger. Un spécialiste de l’Université de Lund interrogé par l’AFP anticipe des discussions longues. Dans le camp adverse, Ulf Kristersson cherche notamment à attirer le parti centriste, actuellement rattaché à l’opposition de gauche.
Le rapport de force à droite a lui aussi évolué. Les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite allié à la coalition sortante, reculeraient d’environ 20 % des voix lors du précédent scrutin à près de 17,5 %. Ulf Kristersson avait néanmoins annoncé qu’il souhaitait les faire entrer au gouvernement en cas de victoire de son camp.
La prochaine étape est donc double: achever le décompte, puis tester la capacité de chaque bloc à rassembler une majorité viable. Tant que ces deux points ne sont pas réglés, l’identité du futur chef du gouvernement et la composition de la coalition resteront incertaines.


