Les salariés des industries électriques et gazières se mobilisaient mardi contre une possible modification de leur tarif préférentiel d’énergie. La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a assuré qu’il n’était pas question de supprimer le dispositif, tout en précisant que le débat portait sur son niveau de fiscalisation.
Le ministère avait indiqué envisager une évolution après une mise en demeure de la Cour des comptes. L’enjeu consiste à rapprocher la valeur déclarée de cet avantage en nature de l’écart réel entre le tarif payé par les agents et le prix de l’énergie. La décision doit passer par un arrêté ministériel et des discussions avec les organisations syndicales.
Une intersyndicale réunissant la CGT, la CFDT, la CFE-CGC et FO prévoyait un rassemblement devant Bercy. Des salariés se sont aussi mobilisés dans plusieurs centrales nucléaires, notamment au Tricastin, à Flamanville, Nogent-sur-Seine, Penly, Cattenom, Paluel et Saint-Alban. Ces actions ont entraîné des baisses de puissance disponible dans plusieurs sites.
À Gravelines, la plus grande centrale nucléaire française, les syndicats estimaient la participation à environ 80 % des salariés, sans impact déclaré sur la production au moment du constat. Un représentant de la CGT a évoqué la possibilité d’actions plus fortes, dont des arrêts de tranche, si les demandes n’étaient pas entendues.
Les syndicats redoutent qu’une hausse des cotisations et de la fiscalité réduise le pouvoir d’achat. Un représentant a évalué l’avantage à environ 2 000 euros par an pour un foyer de quatre personnes. Le conflit intervient alors que le secteur doit recruter pour accompagner l’électrification et la relance du nucléaire, ce qui ajoute un enjeu d’attractivité des rémunérations.


