Le gouvernement prépare une « rationalisation » des niches fiscales en 2027, sans liste définitive mais avec des options récurrentes : suppression, baisse de taux, abaissement de plafonds ou ciblage des bénéficiaires. Philippe Crevel (Cercle de l’Épargne) rappelle que ces dispositifs servent souvent des objectifs économiques ou sociaux (emploi, aide aux personnes, logement, recherche), et rencontrent donc de fortes résistances politiques.
Parmi les cibles les plus souvent évoquées, le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile arrive en tête par son coût : 7,208 milliards d’euros en 2026 et près de 4,91 millions de ménages bénéficiaires en 2024. Aujourd’hui il couvre 50 % des dépenses retenues, dans la limite d’un plafond annuel de 12 000 € (majorable selon situation). Le journal propose deux simulations : une baisse hypothétique du taux à 40 % ferait perdre 1 200 € à un foyer dépensant 12 000 € ; abaisser le plafond à 10 000 € laisserait un avantage limité à 5 000 €, soit une perte de 1 000 € pour le même foyer.
Le volet retraite est aussi sensible : l’abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions, déjà menacé l’an dernier, pourrait être réduit en plafond ou mieux ciblé plutôt qu’abrogé, afin d’éviter d’affecter massivement les retraités. Le plafond global de 10 000 € applicable à la plupart des crédits et réductions d’impôt est également sur la table, ce qui toucherait indirectement les familles supportant des frais de garde et les retraités ayant besoin d’aide à domicile.
Du côté des entreprises, le Pacte Dutreil, évalué autour de 4 milliards d’euros en 2026, constitue une autre source potentielle d’économies mais provoquerait une vive opposition des entreprises familiales. Les dispositifs d’épargne (assurance-vie, PER) paraissent relativement protégés à court terme, tandis que des niches de défiscalisation financière (FCPI, FIP, Sofica) sont présentées comme des cibles plus faciles mais moins génératrices de recettes. Crevel plaide pour une réforme globale du barème plutôt que des suppressions isolées, proposant de répartir les économies entre redressement des comptes et baisse du taux d’imposition.


