L’arrivée de la génération Z sur le marché du travail modifie les rapports entre candidats, employeurs et familles. D’après le Wall Street Journal, ces jeunes représentent aujourd’hui près d’un cinquième de la population active aux États-Unis et voient certains parents s’immiscer davantage dans leurs démarches professionnelles. Le phénomène, qualifié de « co-pilotage parental » ou de « parents-hélicoptères », dépasse l’accompagnement traditionnel : parents appelant directement les recruteurs, posant des questions à la place de leur enfant, postulant pour eux ou assistant aux entretiens en visioconférence.

Cette tendance suscite de la contrariété chez les services des ressources humaines. Lynne Alba, directrice du recrutement pour un grand groupe hospitalier de l’État de New York, décrit une situation où une mère est venue présenter le CV de sa fille lors d’un salon de l’emploi : elle a choisi de recentrer la discussion sur la candidate plutôt que sur l’aidant. De même, Steven Clark, directeur des opérations d’une entreprise d’intérim en Alaska, rapporte avoir reçu l’appel d’une mère après le licenciement de son fils pour retards répétés, afin de plaider pour une seconde chance.

Tous les parents ne se reconnaissent pas dans la critique : beaucoup affirment vouloir « aider plus qu’assister ». Rick Wainschel, vice-président d’une entreprise de technologie, reconnaît avoir publié un message LinkedIn pour aider sa fille à trouver un poste. Du côté des jeunes eux-mêmes, l’avis est partagé : Paul Branson, diplômé de 22 ans, estime que ces pratiques nuisent à sa génération en nourrissant le stéréotype d’une jeunesse qui « a besoin qu’on lui tienne la main ».

Le débat oppose donc intentions d’aide et inquiétudes professionnelles : où se situe la limite entre soutien utile et ingérence nuisible pour l’évaluation directe des candidats par les employeurs ?