La Zambie tient un scrutin crucial jeudi: les électeurs choisissent le président parmi 14 candidats et renouvellent une Assemblée dont les circonscriptions sont passées de 156 à 226. Le président sortant Hakainde Hichilema, 64 ans, capitalise sur un quinquennat marqué par un accord de restructuration de la dette, le rétablissement d’un programme du FMI et le retour de la croissance, salués par bailleurs et investisseurs internationaux.
Malgré ces avancées macroéconomiques, une large partie de la population ne ressent pas d’amélioration tangible. La Banque mondiale estime que plus de 70% des 22 millions de Zambiens vivent avec moins de trois dollars par jour; la hausse des prix alimentaires et le chômage restent des préoccupations majeures. Ces frustrations alimentent la campagne de l’opposition, qui met en avant le pouvoir d’achat et l’emploi comme axes prioritaires.
Le principal rival identifié est Brian Mundubile, 55 ans, ancien ministre et ancien allié d’Edgar Lungu, dont la coalition a rallié plusieurs partis rivaux. Son entrée dans la course a ravivé l’opposition et mobilisé jeunes, femmes et électeurs ruraux, mais son association à l’ère Lungu et son arrivée tardive peuvent constituer des freins. Les analystes tablent sur un duel HH–Mundubile, la jeunesse (près de la moitié des 8,7 millions d’électeurs inscrits ont entre 18 et 35 ans) pouvant jouer un rôle décisif.
La campagne a connu des heurts et des accusations d’intimidation: la police a eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser des affrontements, et le parti de Mundubile dénonce des restrictions. Au-delà du vainqueur, le scrutin testera la réputation de la Zambie comme démocratie stable en Afrique australe; opposants et ONG accusent le pouvoir d’avoir réduit l’espace politique, allégations démenties par le gouvernement. Les résultats présidentiels sont attendus le 17 août; un second tour serait organisé si aucun candidat ne franchit 50% des suffrages.

