Johnson & Johnson aborde sa publication du troisième trimestre avec une combinaison contrastée de croissance du chiffre d’affaires et de baisse attendue du bénéfice. Selon le consensus LSEG, les revenus devraient atteindre 25,28 milliards de dollars, contre 23,99 milliards un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est en revanche attendu à 2,54 dollars, contre 2,80 dollars sur la période comparable.

L’action gagnait 0,6 % à 263 dollars avant la publication. Le marché espère notamment un redressement de la division des technologies médicales. Au trimestre précédent, le groupe avait dépassé les attentes grâce à la vigueur de ses ventes pharmaceutiques, mais l’activité de pompes cardiaques Abiomed avait enregistré un recul de son chiffre d’affaires après la publication d’une étude britannique critique. La capacité de cette activité à se stabiliser constituera donc un point de lecture important.

Un autre élément à surveiller concerne le portefeuille de recherche. En septembre, un traitement expérimental contre la dépression développé avec Contineum Therapeutics n’a pas atteint l’objectif principal d’une étude de phase intermédiaire. Cet échec ne résume pas l’ensemble du portefeuille de Johnson & Johnson, mais il rappelle l’incertitude inhérente au développement de nouveaux médicaments.

Le groupe dispose néanmoins d’un historique récent robuste face aux prévisions : il a atteint ou dépassé les estimations de bénéfice par action et de chiffre d’affaires pendant au moins huit trimestres consécutifs. Le consensus des analystes est également favorable. Parmi les 26 professionnels recensés, dix-neuf recommandent un achat ou un achat fort et sept conseillent de conserver. L’objectif de cours médian reste fixé à 282 dollars.

La performance boursière rend cependant les attentes élevées. Johnson & Johnson progresse d’environ 27 % depuis le début de l’année, contre près de 8 % pour le Dow Jones. Les investisseurs devront donc évaluer si la croissance des revenus, la trajectoire d’Abiomed et les perspectives pharmaceutiques suffisent à compenser la contraction attendue du bénéfice ajusté.