L'enquête Pisa 2025 révèle une baisse marquée des résultats des élèves français de 15 ans : entre 2012 et 2025, les scores passent de 499 à 483 en sciences, de 505 à 456 en lecture et de 484 à 458 en mathématiques. Par rapport à 2022, les sciences sont quasi stables (-4 points), la compréhension de l'écrit chute de 18 points et les mathématiques de 16 points. L'OCDE estime qu'une variation de 20 points correspond à environ une année de scolarité.
Les écarts socio-économiques se resserrent mais pas pour de bonnes raisons : les élèves favorisés ont vu leurs performances décliner tandis que les résultats des élèves défavorisés sont restés stables. Le pourcentage d'élèves « très performants » a fortement diminué en dix ans — à 5% en mathématiques en 2025 contre 11% en 2015, et 5% en compréhension de l'écrit contre 13% en 2015. L'OCDE signale aussi qu'un tiers des élèves présente de grandes difficultés en compréhension écrite.
Interrogations et causes potentielles sont mises en avant par l'OCDE et le ministre : la France dépense relativement beaucoup pour l'éducation, mais « bien investir l'argent » est la recommandation de l'expert Éric Charbonnier. L'organisation pointe l'affaiblissement du soutien parental et note une baisse notable de la lecture chez les garçons des milieux favorisés, une nouveauté. Les effets des nombreuses réformes successives restent difficiles à isoler selon l'OCDE.
Face à ces constats, le ministre Edouard Geffray blâme notamment les réseaux sociaux, qualifiés d'« arme de destruction intellectuelle massive », et la diminution de l'investissement parental. Il veut faire du collège le grand chantier du prochain quinquennat : chaque famille recevra après la Toussaint un document détaillant les apprentissages, et le ministre propose d'augmenter de 50% d'ici cinq ans les heures d'autonomie accordées aux collèges pour renforcer le soutien et diversifier l'offre. Il ambitionne de « revenir dans la tête du classement » d'ici 2033 si pédagogie et autonomie sont menées de pair.
La publication suscite déjà des réactions politiques : des candidats présidentiels évoquent hausse de l'exigence, respect de l'autorité et, pour certains, des réformes structurelles comme la fin du collège unique.


