Le paysage macroéconomique français au premier semestre est dégradé selon Éric Heyer : le PIB recule et plusieurs indicateurs clés sont négatifs — investissement des entreprises en chute, pouvoir d'achat en retrait et destructions d'emploi qui s'accélèrent. Le déficit public se creuse légèrement et la consommation n’a été maintenue que parce que les ménages ont puisé dans leur épargne.
Deux secteurs expliquent une part disproportionnée de la mauvaise performance : l'agriculture et la construction. Bien qu'ils représentent seulement 6 % de l'économie, l'agriculture affiche un recul proche de 7 % sur le semestre, soit presque 12 % en rythme annuel, traduisant une récession sectorielle forte. L'énergie contribue aussi au repli, ce qui amplifie l'effet sur le PIB global.
En revanche, la majorité de l'économie — les 94 % restants — enregistre une croissance positive. L'industrie manufacturière progresse de 0,8 % sur le semestre (1,6 % en rythme annuel), ce qui explique le contraste entre un PIB déceptif et des enquêtes de conjoncture en amélioration : les enquêtes omettent l'agriculture, mais captent l'industrie.
Sur l'inflation, avec l'hypothèse de prix du pétrole et du gaz stabilisés à leur niveau élevé actuel, l'IFR devrait être contenu autour de 2,1 % en 2026 et 2,0 % en 2027, soit un supplément d'environ 0,8 point lié aux tensions géopolitiques. La dynamique actuelle diffère des pics de 2022–2023 : il ne s'agit plus d'un choc d'offre couplé à une demande surchauffée, mais d'une insuffisance de la demande.
Pour les mois à venir, Heyer anticipe une croissance modeste — 0,1 à 0,2 % par trimestre — en-deçà du potentiel spontané (1,2–1,3 % par an). Les freins macroéconomiques cumulés (rigueur budgétaire, incertitudes géopolitiques et climatiques) amputeraient l'activité d'environ 0,8 point. Le marché du travail reste fragilisé : une croissance inférieure aux gains de productivité entraînera des destructions nettes d'emplois et une hausse du chômage.


