Shein inaugure sa cotation à Hong Kong le 1er septembre en mettant sur le marché 280 millions d'actions à un prix unitaire situé entre 47,60 et 49,50 dollars de Hong Kong (≈5,23–5,44 €). L'opération vise à lever jusqu'à 1,5 milliard d'euros et porter la valorisation autour de 23 milliards d'euros, selon le communiqué à la Bourse de Hong Kong.

Le timing reflète des tensions opérationnelles et réglementaires : après un exercice 2025 solide (41,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 2,1 milliards de dollars de bénéfice net), Shein a enregistré une perte nette de 99 millions de dollars au premier trimestre 2026. Le Groupe justifie l'appel aux marchés pour financer des investissements technologiques et accélérer son expansion internationale face à une concurrence accrue, notamment de Temu.

En France, Shein est déjà un acteur majeur : lancé dans l'Hexagone en 2015, le groupe représentait 3% des dépenses d'habillement et chaussures en valeur en 2024 et revendique 273 millions de clients dans plus de 150 pays. La marque a testé des formats physiques (boutique au BHV Marais, corners dans cinq villes de province) et multiplie les partenariats, comme la vente d'environ 1 000 produits Pimkie sur sa plateforme.

Le contexte réglementaire pèse cependant sur son modèle low-cost. L'UE a harmonisé un droit forfaitaire de 3 € par catégorie pour les petits colis ≤150 € (remplaçant la taxe française de 2 €), les importations de ces paquets ont chuté de 30–40% dans l'Union, selon le ministère de l'Économie. Parallèlement, la loi anti-fast fashion française entre en vigueur le 1er septembre avec un malus financier pouvant atteindre 12 € cette année, puis 19,50 € en 2030, pesant directement sur les coûts importés et la compétitivité prix.