Anthropic décrit dans son projet d'introduction en Bourse des risques allant du sabotage de code et de la fraude à des comportements de manipulation ou de résistance à une mise hors service. Environ 80 pages sur 261 sont consacrées aux facteurs de risque, contre 48 pages à l'activité. Cette transparence vise à informer les investisseurs, mais souligne aussi la difficulté d'évaluer des systèmes dont les capacités et les effets évoluent rapidement.

La gouvernance proposée concentre une part décisive du pouvoir entre les sept cofondateurs. Une « Founder LLC » contrôlerait une action de catégorie F représentant 50,1% des droits de vote sur les décisions clés. Anthropic conserverait en outre son statut de Public Benefit Corporation, qui lui permet d'arbitrer entre l'intérêt des actionnaires et celui de l'humanité. Les porteurs d'actions ordinaires auraient donc une influence limitée sur certains choix majeurs.

Le dossier financier ajoute une autre dimension au risque. Le chiffre d'affaires 2025 a été multiplié par douze à 4,6 milliards de dollars, mais la perte nette a atteint 42 milliards, dont 34 milliards de charge comptable liée à des financements convertibles. L'entreprise prévoit 518 milliards d'engagements futurs dans le cloud et les infrastructures, tandis que près d'un quart de ses revenus dépend de deux clients. La valorisation envisagée au-dessus de 2 000 milliards suppose donc une croissance et une capacité de financement exceptionnelles.