À six jours de la date limite du 19 août 2025, les négociateurs canadiens et américains peinent à sceller un accord susceptible d’éviter la menace de droits de douane américains à 50% sur une série de produits canadiens. Janice Charette, principale négociatrice commerciale du Canada, a reconnu devant un comité consultatif qu’un « travail considérable » restait à faire, tandis que des délégations canadiennes tenaient des rencontres à Washington pour réduire les tensions.

Le différend porte sur plusieurs enjeux concrets. Washington exige la suppression par Ottawa des mesures de rétorsion qui ont restreint la vente d’alcools américains dans plusieurs provinces, la révision des quotas laitiers canadiens et des droits de douane de rétorsion dans le secteur automobile. De son côté, le gouvernement canadien demande une réduction des droits américains invocables au titre de la « Section 232 », qui pèsent depuis plus d’un an sur l'acier, l'aluminium et l'automobile canadiens.

La Maison Blanche a menacé d’appliquer une loi commerciale américaine datant de la Grande Dépression pour imposer ces tarifs, une escalade que les responsables canadiens jugent susceptible d’entraîner une phase plus grave du différend. Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, a clairement indiqué que le Canada devait retirer ses mesures commerciales de rétorsion pour éviter l’imposition de nouveaux droits. Le climat est tendu mais, selon Candace Laing de la Chambre de commerce du Canada, les discussions restent « constructives » et offrent « quelques motifs d'optimisme » malgré un calendrier serré.

Le contexte économique amplifie les enjeux : les échanges bilatéraux ont atteint près de 900 milliards de dollars l’an dernier, soulignant l’étroite intégration des économies. Ottawa avertit que l’application des droits de 50% pourrait déclencher des représailles supplémentaires; Mark Carney a noté que toutes les options resteraient ouvertes si Washington procédait. Candace Laing met en garde contre le risque que de nouvelles mesures punitives fassent davantage de tort aux entreprises et consommateurs canadiens.