La baisse de l’euro amplifie cette année la performance des actions américaines pour les investisseurs européens. Depuis le début de 2026, le S&P 500 progresse de 12,8 %, tandis que l’iShares Core S&P 500 UCITS ETF coté en euros affiche 18,1 %. L’écart ne vient pas d’une sélection de titres différente, mais principalement de l’évolution du taux de change.
Le principe est simple : les entreprises du S&P 500 sont valorisées en dollars. Quand le dollar se renforce, la valeur de ces actifs augmente une fois convertie en euros, même si le portefeuille n’a pas gagné davantage en devise américaine. Un portefeuille de 1 000 dollars vaut 1 000 euros lorsque les deux monnaies sont à parité. Si un euro ne vaut plus que 0,95 dollar, les mêmes 1 000 dollars représentent environ 1 053 euros.
En 2026, l’euro recule d’environ 4,5 % face au dollar et les actions américaines progressent. Les deux effets se combinent, mais ne s’additionnent pas mécaniquement car la variation de change porte sur la valeur totale du placement. Les dividendes, les frais et les horaires de valorisation expliquent aussi une partie des écarts observés.
La cotation d’un ETF en euros ne protège pas contre le dollar. Elle détermine seulement la monnaie utilisée pour acheter et vendre les parts. Sauf couverture explicite, l’exposition économique reste celle des actifs détenus. En 2025, le mécanisme avait joué dans l’autre sens : le S&P 500 avait gagné 16,4 %, mais l’ETF coté en euros seulement 4 %, sous l’effet de l’appréciation de l’euro.
Les versions « EUR Hedged » cherchent à neutraliser ce risque, avec un coût supérieur. L’iShares S&P 500 EUR Hedged facture 0,20 % par an, contre 0,07 % pour la version classique. Cette couverture protège contre un recul du dollar, mais prive également l’investisseur du bénéfice d’un dollar plus fort. Le choix dépend donc de l’horizon, du coût accepté et de la volonté d’assumer une exposition monétaire.
