La compétition européenne de Birmingham se termine sur un constat amer pour l'athlétisme français: 11 médailles au total (3 argent, 8 bronze) mais aucun titre. Hilary Kpatcha, 28 ans, a décroché sa première médaille internationale au saut en longueur avec 6,98 m (vent +2,5 m/s), derrière Larissa Iapichino (7,00 m) et Jazmin Sawyers (6,99 m). C'est sa deuxième meilleure performance de carrière, égale à un saut réalisé fin juillet, et elle souligne une progression en maîtrise après des JO-2024 décevants et une période d'entraînement interrompue avant son installation à l'INSEP.

Quelques minutes auparavant, le Martiniquais Baptiste Thiery, 25 ans, s'est offert lui aussi son premier podium international à la perche en franchissant 5,85 m. Il termine derrière Armand Duplantis (6,15 m, sans tentative de record du monde) et Emmanouil Karalis (6,00 m). Thiery arrive à Birmingham après un excellent début d'été (record à 5,93 m en juin) mais aussi après une chute à Monaco en juillet qui a rendu son été plus chaotique.

Sur le plan collectif, la France se classe 19e au tableau des médailles et retrouve un niveau comparable à Munich-2022 (9 médailles, aucune en or). Frank Bignet, directeur technique national, tempère: si le tableau des médailles est décevant, la "placing table" qui compte les classements dans le top-8 place la France 4e, signe qu'il existe des performances proches du podium. Néanmoins, il faut remonter à 1982 pour trouver une campagne européenne aussi pauvre en titres, ce qui alerte à deux ans des Jeux de Los Angeles 2028.

Le bilan met en lumière des trajectoires individuelles positives — la confirmation de Kpatcha sur la scène européenne et la résilience de Thiery après sa chute — mais aussi l'incapacité du collectif à transformer ces performances en victoires, posant des questions sur la préparation et l'évolution du haut niveau français.