La perchiste niçoise Margot Chevrier, 26 ans, retrouve la sélection tricolore deux ans après une grave blessure à la cheville gauche survenue aux Mondiaux en salle de Glasgow (mars 2024). Cette fracture ouverte du pied d’impulsion l’avait contrainte à renoncer aux Jeux de Paris alors qu’elle sautait jusque-là 4,71 m. La rééducation et la reprise ont été difficiles : Chevrier admet ne « plus avoir le même pied » et subir des douleurs et des contraintes de mobilité au quotidien.
Après une reprise de la compétition en 2025 marquée par des performances éloignées de son niveau (4,15 m), son retour s’est accéléré en 2026. Elle a franchi 4,25 m en février, 4,40 m en juin puis signé un 4,55 m qui lui a valu la deuxième place aux championnats de France d’Albi en juillet, derrière la recordwoman Marie-Julie Bonnin. Ce 4,55 m n’atteint pas les minima officiels (4,70 m pour les A, 4,60 m pour les B), mais la performance et son parcours ont convaincu les sélectionneurs.
Quotidiennement contrainte dans ses gestes et sans la possibilité d’utiliser de façon permanente des anti-inflammatoires, Chevrier a dû revoir son entraînement et sa vie quotidienne. Elle raconte des adaptations banales — limiter les déplacements, adapter les tâches ménagères — et un basculement psychologique après avoir manqué la qualification aux France en salle, épreuve qu’elle a d’abord regardée depuis son canapé.
Entourée par l’encadrement, avec notamment Jean Galfione saluant une « clé de bras au diagnostic » et estimant qu’elle est « en phase d’ascension », Chevrier arrive à Birmingham avec l’objectif clair de viser la finale. Expérimentée (dix sélections en équipe de France) mais émue comme une débutante, elle espère retrouver son niveau d’avant 2024 et prouver que sa « revanche » est bien plus qu’un simple retour sur la liste des sélectionnées. La qualification débute mardi à 19h05 locales (20h05 à Paris).

