L’enquête du ZEW, réalisée auprès d’environ 800 entreprises industrielles et du numérique en Allemagne, montre une indifférence marquée envers l’euro numérique : 77% des répondants n’anticipent aucun effet sur leurs activités, 17% prévoient des répercussions négatives et seulement 0,7% attendent des retombées clairement positives. Le faible enthousiasme s’explique en grande partie par des zones d’ombre persistantes autour du projet, qui poussent les entreprises à attendre davantage de précisions avant d’envisager une adaptation, souligne Vincent Rost (ZEW).

Les grandes entreprises (plus de 100 salariés) apparaissent cependant plus réceptives : près de 3% d’entre elles tablent sur des effets positifs et 8% sur des effets plutôt positifs, ce qui suggère que l’échelle et la capacité d’intégration technologique jouent un rôle dans l’évaluation de l’intérêt. Par ailleurs, la notoriété de l’euro numérique progresse : 60% des entreprises le connaissent aujourd’hui contre 55% début 2024, un signe d’accroissement de l’attention malgré la réticence générale.

La Banque centrale européenne se montre encouragée par cette hausse de notoriété et évoque un intérêt marqué pour un projet pilote susceptible d’être lancé courant 2027, si le cadre législatif est adopté. La BCE présente l’euro numérique comme une « infrastructure européenne commune » permettant le développement de nouveaux services de paiement à l’échelle de la zone euro.

Le dossier reste néanmoins source d’inquiétudes pour le secteur bancaire, qui craint un transfert de dépôts vers des portefeuilles d’euros numériques et, par conséquent, un affaiblissement du rôle des banques dans le financement de l’économie. En parallèle, des acteurs comme l’European Payments Initiative misent sur Wero pour renforcer l’autonomie européenne face aux réseaux internationaux (Visa, Mastercard, AmEx) et aux solutions telles que PayPal, Apple Pay et Google Pay.