Un litige examiné par le tribunal de Chalon-sur-Saône pose la question de la responsabilité des plateformes face aux avis publiés en ligne. Une maison d’hôtes installée au château de Balleure poursuit Google au civil après avoir identifié des commentaires négatifs provenant de personnes qui n’avaient pas séjourné dans l’établissement.

Deux avis sévères avaient été publiés en 2018 et 2020. La cour d’appel de Dijon a ordonné le 21 juin 2022 la communication de l’identité de leurs auteurs. Contactés, ceux-ci ont reconnu ne pas avoir utilisé les prestations du château. Selon le dossier présenté au tribunal, ils étaient simplement passés à proximité et avaient reçu une notification de Google Maps les invitant à laisser une note. Au total, 17 avis sont contestés.

Google soutient qu’il ne dispose d’aucun moyen fiable pour déterminer si chaque contributeur a réellement consommé le service évalué. Son avocat estime qu’une vérification systématique demanderait des moyens considérables et risquerait de conduire de nombreux professionnels mal notés à réclamer la suppression des critiques. La défense invoque également la liberté d’expression et qualifie le phénomène de marginal.

La partie adverse considère au contraire que les faux avis constituent un problème de grande ampleur. Une experte interrogée par l’AFP rappelle que Google a déclaré avoir supprimé 292 millions de faux avis en 2025. L’avocat du château critique aussi le délai de retrait des deux premiers commentaires, respectivement 43 et 39 mois, alors que la législation française impose aux hébergeurs de retirer promptement les contenus illicites une fois informés.

Google utilise une procédure automatisée pour contrôler les avis, tandis que les demandeurs réclament davantage de modération humaine. Le jugement a été mis en délibéré au 12 janvier.

Pour les investisseurs d’Alphabet, ce dossier isolé ne permet pas de chiffrer un impact financier. Il illustre cependant un risque plus large : le coût de la modération, la confiance dans les services locaux et l’exposition juridique des plateformes lorsque leurs mécanismes de recommandation sollicitent des utilisateurs sans preuve de transaction.