Air Corsica a annoncé la fin de la grève de ses pilotes après trois jours de perturbations et la conclusion d’un protocole d’accord avec les organisations représentatives. Le programme de vols doit reprendre normalement mardi 13 octobre. Les modalités salariales du compromis n’ont pas été rendues publiques, mais la compagnie indique qu’il repose sur un principe d’équité entre copilotes et commandants, ainsi qu’entre les équipages des flottes ATR et Airbus.

Les syndicats SNPL et SPAC, qui représentent les 140 pilotes, avaient appelé à cesser le travail du 9 au 16 octobre afin d’obtenir des augmentations salariales. Ils rappelaient que les pilotes avaient accepté pendant deux ans un gel de leur rémunération et une réduction du nombre de jours de congé pour accompagner le développement de l’entreprise. L’accord met donc un terme anticipé au mouvement, ce qui réduit le risque opérationnel immédiat.

La sortie de grève ne règle toutefois pas la principale contrainte technique. Depuis septembre, cinq des sept ATR 72-600 de la compagnie sont immobilisés par précaution après la détection d’odeurs inhabituelles d’huile dans les postes de pilotage. Air Corsica affrète des appareils auprès d’autres transporteurs pour maintenir autant que possible son programme. Son président du directoire a évalué le coût de cette solution à un million d’euros par mois.

Pendant le conflit, ces affrètements ont limité les perturbations sur les lignes relevant de la délégation de service public entre les quatre aéroports corses et Paris, Marseille et Nice. Ce dispositif répond à l’obligation de continuité territoriale, mais pèse sur les coûts tant que les ATR ne peuvent reprendre leur exploitation.

Créée en 1990 et détenue à 66,8 % par la Collectivité de Corse, la compagnie exploite sept Airbus et sept ATR. Elle a transporté 2,29 millions de passagers en 2024. Pour apprécier l’amélioration réelle de sa situation, il faudra désormais suivre le retour des appareils immobilisés et l’effet financier cumulé des affrètements et de l’accord social.