La hausse du pétrole constitue un choc particulièrement difficile pour la Tunisie, importatrice nette d’énergie. Dans la période décrite par la source, le Brent évoluait autour de 108 dollars le baril après avoir dépassé 100 dollars. Cette hausse est attribuée principalement à la prime de risque géopolitique liée au conflit entre Washington et Téhéran et aux perturbations des flux énergétiques régionaux.
Le problème est budgétaire autant qu’économique. La loi de finances 2026 a été construite avec une hypothèse de pétrole à 63,3 dollars le baril. À 108 dollars, l’écart approche 45 dollars, soit près de 70 % au-dessus de cette hypothèse. Selon les estimations officielles citées, chaque dollar supplémentaire au-dessus du seuil de référence coûterait 164 millions de dinars aux finances publiques si le niveau persistait dans le temps.
Le taux de change ajoute un second risque. Une appréciation de 10 millimes du dollar face au dinar augmenterait la facture énergétique de 43 millions de dinars. Ces deux facteurs peuvent donc se cumuler. La loi de finances avait prévu 4,993 milliards de dinars pour la compensation énergétique, une enveloppe qui pourrait devenir insuffisante si le pétrole restait durablement élevé.
L’État se retrouve face à plusieurs arbitrages : augmenter l’endettement, réduire d’autres investissements publics ou réformer progressivement les subventions. Chaque option comporte un coût économique et social. Le choc énergétique peut aussi se diffuser dans les transports, la production et les prix à la consommation, renforçant la pression sur le pouvoir d’achat.
Le scénario reste très dépendant de la durée du choc. Une baisse du brut réduirait rapidement une partie du surcoût théorique, alors qu’un maintien durable au-dessus de 100 dollars amplifierait les arbitrages budgétaires.
