À l’heure de la rentrée, la question du premier téléphone pour les collégiens et lycéens se pose pour de nombreux parents, entre crainte des addictions et volonté de pouvoir joindre leurs enfants. Trois des quatre opérateurs français ont lancé des offres spécifiques pour les plus jeunes, combinant forfaits et outils de protection. Orange propose un forfait incluant un service de « protection enfant » avec alerte cyberharcèlement et sauvegarde de preuves. Bouygues Telecom a lancé en juin un « mode enfant » permettant de filtrer les recherches, géolocaliser et, en option avancée, bloquer les réseaux sociaux. SFR commercialise également des montres et dispositifs visant à retarder l’âge du premier smartphone, avec blocage des réseaux sociaux et géolocalisation.
Parallèlement, des entreprises spécialisées ont émergé. Neow, filiale de HEM France, vend depuis 2025 des « téléphones sans internet pour adolescents » où une interface maison remplace le magasin d’apps et empêche l’accès aux réseaux sociaux et au navigateur sans accord parental; l’entreprise revendique 40.000 appareils distribués chez SFR. SmarTeen intègre sa propre interface à des téléphones Samsung, bloque le téléchargement de réseaux sociaux même avec l’accord des parents, propose un navigateur « sécurisé » et affirme bloquer entre 1.000 et 1.500 sites par jour; la marque revendique 20.000 téléphones vendus et emploie six personnes pour la modération.
Malgré ces offres, la majorité des parents optent encore pour des modèles classiques équipés d’outils de contrôle: depuis 2024, un contrôle parental est obligatoire sur tous les smartphones. Apple propose des comptes enfants et Android intègre Family Link. La commission Enfants et écrans, dans son rapport d’avril 2024, recommandait de ne pas donner de téléphone aux moins de 11 ans et de ne pas fournir un téléphone connecté aux moins de 13 ans, positions qui alimentent le débat public et les choix commerciaux.


