Les forces américaines ont mené dimanche des frappes contre deux lanceurs iraniens sur l'île stratégique de Larak, dans le détroit d'Ormuz, a indiqué le porte-parole du Centcom Tim Hawkins. Selon l'agence iranienne Tasnim, l'attaque a fait deux morts et deux blessés. Washington affirme avoir ciblé des préparatifs des Gardiens de la Révolution visant à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit.

Les Gardiens ont annoncé des représailles et déclaré avoir frappé des installations de l'armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie. Ils ont averti que « tout acte d'hostilité se heurtera à des représailles encore plus puissantes », selon les médias d'État iraniens. Ces événements interrompent plusieurs semaines d'intensité réduite dans le conflit, qui a désormais dépassé six mois.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux, reste au cœur des frictions : Téhéran en verrouille le passage tandis que les États-Unis mènent un blocus des ports iraniens et affirment vouloir protéger la libre circulation. Le Centcom a aussi déclaré avoir « achevé le déminage des voies de navigation internationales ». Après ces frappes, les cours du Brent ont brièvement dépassé les 90 dollars le baril.

Sur le plan diplomatique et économique, l'administration Trump mise désormais sur la « guerre économique » contre l'Iran. Le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions « secondaires » visant les partenaires commerciaux iraniens dans les secteurs de l'or, de la technologie, des actifs numériques, de l'aviation et du transport maritime. Bessent doit réunir ses homologues du G20, dont la Chine, déjà attentive à ses intérêts avec Téhéran.

La situation s'inscrit aussi dans un contexte régional et international dense : Xi Jinping participe à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai où sont attendus le président iranien Massoud Pezeshkian et le président russe Vladimir Poutine, tandis que le Pakistan, représenté par son Premier ministre Shehbaz Sharif, joue un rôle de médiateur dans le conflit.