Le développement rapide de l’intelligence artificielle modifie l’analyse environnementale, sociale et de gouvernance des grandes entreprises technologiques. FTSE Russell indique que certains clients s’interrogent sur la place de ces groupes dans les indices durables, notamment en raison de la consommation d’énergie et d’eau liée aux centres de données.
Environ 330 milliards de dollars d’investissements passifs suivent les indices durables de FTSE Russell. Le montant total exposé à ces références pourrait être supérieur lorsque sont incluses d’autres formes de gestion indexée. Jusqu’à présent, les grandes sociétés technologiques étaient souvent considérées comme moins intensives en carbone que les entreprises pétrolières, d’armement ou de tabac. L’expansion des infrastructures d’IA remet progressivement cette perception en question.
FTSE Russell précise que l’exposition aux risques de durabilité est évaluée au cas par cas. Aucune société particulière ni modification automatique des pondérations n’a été annoncée. Les investisseurs redoutent qu’une réduction de la technologie dans les indices ESG ne pénalise les performances, après plusieurs années durant lesquelles le secteur a fortement contribué aux rendements. Le marché mondial des fonds durables est estimé à 3 700 milliards de dollars dans les données citées.
La consommation d’eau, le recours accru au gaz naturel et les possibles conséquences sociales de l’IA figurent parmi les thèmes suivis. Les indices alignés sur les objectifs climatiques européens ou sur l’accord de Paris sont particulièrement concernés par le respect de critères d’émissions stricts. L’enjeu sera de déterminer si les fournisseurs d’indices ajustent effectivement leurs méthodologies et leurs pondérations, ou si les groupes technologiques compensent leurs besoins supplémentaires par des investissements énergétiques et des réductions d’émissions vérifiables.
