Le marché américain pourrait être traversé en 2027 par deux flux opposés d’une ampleur exceptionnelle. Goldman Sachs anticipe 1 700 milliards de dollars de rachats d’actions par les entreprises, un montant record, alors que les émissions de titres pourraient atteindre 600 milliards de dollars.

Une hausse de l’offre d’actions tend normalement à peser sur les cours, car davantage de titres doivent être absorbés par les investisseurs. Goldman estime toutefois que les rachats d’actions, complétés par la demande des ménages et des investisseurs étrangers, devraient compenser cette pression et aider à préserver l’équilibre entre l’offre et la demande.

L’activité d’émission est déjà très soutenue. Environ 431 milliards de dollars d’actions ont été émis depuis le début de l’année, soit 98 % de plus que l’année précédente. Ce total se rapproche du record annuel de 540 milliards établi en 2021. La banque prévoit aussi que l’offre nette sur le marché public, y compris les actions libérées après les périodes de blocage suivant les introductions en Bourse, connaîtra en 2027 sa plus forte hausse depuis 2000.

L’intelligence artificielle joue un rôle majeur dans ce cycle. Les émissions secondaires liées à l’IA représenteraient environ 65 milliards de dollars cette année, soit 45 % du volume total aux États-Unis. La poursuite des investissements dans les infrastructures d’IA, la croissance économique, la hausse des marchés et une éventuelle baisse des taux font partie des facteurs avancés pour expliquer la vigueur attendue des émissions.

Les rachats constituent un soutien potentiel pour le bénéfice par action et la demande boursière, mais leur effet varie selon le prix payé et le financement utilisé. Un rachat réalisé à une valorisation excessive ou financé par davantage de dette ne crée pas automatiquement de valeur. Les prévisions de Goldman restent par ailleurs un scénario, non un engagement des entreprises.