Les expéditions de carburants ont été bloquées ou interrompues jeudi sur plusieurs installations françaises de TotalEnergies, selon la CGT. Le syndicat cite la raffinerie de Normandie, le site de Donges et la bioraffinerie de La Mède, avec plus de la moitié des salariés de quart en grève sur les sites concernés. La direction donne une lecture très différente : elle évalue la participation à moins de 2 % sur l’ensemble des raffineries et bioraffineries et assure que l’approvisionnement se poursuit grâce à l’organisation logistique.

À Donges, la CGT avance un taux de grévistes de 60 %. Le site continuait de fonctionner, mais aucun produit n’en sortait au cours de la journée, selon le syndicat. Les arrêts de travail allaient de deux heures à une journée complète. Une divergence similaire apparaît dans le réseau Argedis : la CGT évoque 27 stations fermées, contre 11 selon la direction, sur environ 180 stations gérées par cette filiale et 3 300 stations TotalEnergies au total.

Le mouvement, prévu pour durer vingt-quatre heures, intervient dans un contexte de tensions logistiques liées au Moyen-Orient et d’affluence dans certaines stations après le plafonnement des prix des carburants. Les revendications portent sur l’emploi et les rémunérations. La CGT demande notamment une hausse mensuelle de 200 euros et un salaire de base minimal équivalent à 1,2 fois le Smic. TotalEnergies a, de son côté, annoncé une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle.

Pour les investisseurs, le point central est la durée réelle des perturbations et leur éventuelle extension. Une action limitée à une journée devrait avoir un effet financier contenu, mais une reconduction pourrait affecter les flux de produits, accroître les coûts logistiques et raviver le risque social au moment où la disponibilité des carburants est déjà sensible. Le groupe a publié un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars au premier semestre, en hausse de 73 % sur un an, ce qui nourrit aussi les attentes salariales.