Argenx a subi une forte sanction boursière après l’arrêt d’une étude de phase III évaluant l’efgartigimod administré par voie sous-cutanée chez des adultes atteints d’un syndrome de Sjögren modéré à sévère. Le titre reculait de 16,41 %, à 701 euros, après l’annonce.
La décision fait suite à la recommandation d’un comité indépendant de surveillance des données. À l’issue d’une analyse intermédiaire, celui-ci a estimé que l’étude avait peu de chances d’atteindre son critère principal. Aucun nouveau signal de sécurité n’a été identifié : le profil observé reste conforme à celui déjà connu pour l’efgartigimod. Argenx doit désormais clôturer l’étude, verrouiller sa base de données et analyser l’ensemble des résultats afin de comprendre les causes de l’échec.
L’enjeu financier est important, car le syndrome de Sjögren concerne plusieurs centaines de milliers de patients dans les principaux marchés et ne dispose pas de médicament approuvé modifiant fondamentalement la maladie. Cette indication représentait donc une possibilité d’élargissement significatif pour l’efgartigimod. Selon All Invest Securities, son abandon ferme une opportunité potentiellement majeure, sans remettre en cause les indications déjà validées du produit ni son profil de sécurité.
Le laboratoire a tenté de contrebalancer cette nouvelle par les premiers résultats cliniques de FB102 depuis l’acquisition de Forte Biosciences en août 2026. Dans une étude de phase II consacrée à la maladie cœliaque, le traitement a atteint son critère principal avec une amélioration statistiquement significative et jugée cliniquement pertinente par rapport au placebo. Les marqueurs histologiques et inflammatoires ainsi que les symptômes ont évolué dans le même sens, sans nouveau signal de sécurité.
Pour les investisseurs, les deux annonces n’ont toutefois pas le même poids immédiat. L’échec en phase III retire une option de développement avancée, alors que FB102 reste à un stade clinique plus précoce. La prochaine étape consistera à mesurer l’impact sur les prévisions de revenus, le calendrier du portefeuille de recherche et l’allocation du capital.


