Le premier ministre Mark Carney prononcera un discours au Parlement européen à Strasbourg le 16 septembre, après avoir accepté une invitation de la présidente du Parlement, Roberta Metsola; il assistera également au discours sur l’état de l’Union de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. L’invitation, reçue cet été, prend une dimension particulière à la suite de l’escalade des tensions commerciales entre Ottawa et Washington et de l’interruption spectaculaire des négociations bilatérales.

La rupture des pourparlers est survenue après que l’administration Trump a modifié à la dernière minute la structure d’une entente en voie de se conclure, malgré près de trois semaines de marathon diplomatique entre émissaires canadiens et américains. Le quotidien rappelle que, en agissant ainsi, M. Carney est devenu le premier dirigeant occidental à opposer une telle rebuffade à la Maison-Blanche et qu’il est perçu par certains observateurs comme le leader potentiel d’un regroupement de puissances moyennes face aux pressions américaines.

Ottawa a déjà établi une riposte basée sur trois volets : des contre-mesures tarifaires équivalentes sur les marchandises américaines, une aide aux entreprises affectées et un soutien aux travailleurs. Les droits de douane américains visent environ 28 milliards de dollars d’exportations canadiennes, selon l’article, et la stratégie canadienne de répondre “dollar pour dollar” est défendue par le gouvernement, qui n’exclut pas des mesures fortes comme couper l’électricité ou l’accès à certains minéraux critiques aux États-Unis.

Le gouvernement souligne aussi l’approfondissement des liens avec l’Europe depuis l’arrivée au pouvoir de M. Carney, citant l’accord de « nouveau partenariat stratégique UE-Canada pour l’avenir » et le Partenariat de sécurité et de défense, destinés à renforcer la coopération en commerce, technologies, énergie et sécurité. L’allocution de Strasbourg pourrait résonner comme son discours de Davos, où il dénonçait déjà l’usage des droits de douane comme outil d’intimidation pour arracher des concessions aux alliés.