Meta prépare une nouvelle architecture de capital pour financer son expansion dans l’intelligence artificielle tout en préservant le pouvoir de vote de Mark Zuckerberg. Le groupe prévoit de créer des actions de classe C cotées, dépourvues de droit de vote, et d’en distribuer une pour chaque action de classe A ou B existante. L’opération équivaut économiquement à une division du titre par deux, avec une cotation attendue en janvier 2027.

Ces nouvelles actions pourront ensuite être utilisées pour lever des capitaux, financer des acquisitions ou rémunérer les salariés. Cette flexibilité répond à des besoins d’investissement considérables : Meta prévoit entre 135 et 145 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026, notamment pour les centres de données, les puces et les infrastructures dédiées à l’IA.

Le financement par actions permet aussi d’éviter de recourir exclusivement à la dette, ce qui pourrait peser sur la notation de crédit. En revanche, la structure protège le contrôle du fondateur. Zuckerberg détient environ 13,4 % du capital mais contrôle 60,6 % des droits de vote grâce aux actions de classe B. Les titres de classe C pourraient être émis ou cédés sans réduire directement cette influence.

Les investisseurs recevront la nouvelle action sans perdre leur participation économique initiale, mais ils devront surveiller l’éventuelle décote entre titres avec et sans droit de vote. Alphabet avait adopté une structure comparable ; ses actions sans droit de vote avaient fait l’objet d’un mécanisme compensatoire après une décote.

L’enjeu dépasse donc une simple division d’actions. Meta se donne un instrument permanent de financement et de rémunération, au prix d’une gouvernance où les actionnaires extérieurs disposent de moins de levier sur les décisions stratégiques.