Anthropic, le développeur de Claude, prévoit son introduction en Bourse sous la forme d’une Public Benefit Corporation, ou PBC. Cette structure juridique, créée au Delaware en 2013, permet à une entreprise de poursuivre un objectif lucratif tout en inscrivant dans ses statuts une mission d’intérêt public que ses dirigeants doivent prendre en compte dans leurs décisions.

Contrairement à une société classique, le conseil d’une PBC doit concilier l’intérêt de l’entreprise, celui des personnes significativement affectées par son activité et la réalisation de sa mission. Anthropic a indiqué en mai 2026 que son objectif déclaré consistait à développer et maintenir de manière responsable une intelligence artificielle de pointe au bénéfice à long terme de l’humanité.

Les PBC restent minoritaires parmi les sociétés cotées. Lemonade et Warby Parker font partie des exemples cités. Ces entreprises doivent définir des normes permettant d’évaluer leur mission et rendre compte de leurs progrès au moins tous les deux ans. Le cadre ne prévoit toutefois pas d’audit indépendant obligatoire garantissant le respect de la mission.

Pour les investisseurs, cette gouvernance introduit une différence importante. Anthropic indique que son conseil peut prendre en compte plusieurs intérêts sans être tenu de résoudre systématiquement leurs conflits en faveur des actionnaires. Les actionnaires peuvent engager une action pour manquement à l’objectif d’intérêt public, sous certaines conditions de détention. La jurisprudence sur les PBC demeure encore limitée, ce qui laisse subsister une part d’incertitude juridique autour de ce modèle.