Halliburton anticipe un exercice 2027 porté davantage par l'international que par l'Amérique du Nord. Le groupe de services pétroliers prévoit une croissance de chiffre d'affaires d'environ 5 % et une marge opérationnelle proche de 15 %, ce qui représenterait une amélioration d'environ 200 points de base.
Ces objectifs reposent sur une hypothèse prudente pour le marché américain : aucune reprise de la fracturation hydraulique et une activité nord-américaine globalement stable. Le moteur attendu se situe au Moyen-Orient, où la remise en état des capacités de production, la reconstitution des stocks et les besoins de sécurité énergétique pourraient soutenir plusieurs années de demande. Des contrats internationaux entrant en phase d'exécution devraient aussi contribuer à l'amélioration des marges.
Le contexte reste cependant complexe. Les perturbations liées au conflit dans la région ont retardé certains projets tout en créant un besoin futur de reconstruction. En avril, Rystad Energy évaluait à 58 milliards de dollars le coût de réparation des infrastructures énergétiques concernées. Halliburton réalise environ un quart de son chiffre d'affaires au Moyen-Orient, ce qui lui offre un potentiel important mais l'expose aussi au risque géopolitique et au calendrier réel des travaux.
Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires total a augmenté de 1,8 % à 5,7 milliards de dollars, dépassant les 5,6 milliards attendus. Le bénéfice ajusté a atteint 60 cents par action, contre un consensus de 58 cents. L'Amérique latine et la zone Europe-Afrique ont progressé respectivement de 12,6 % et 22,7 %, compensant une baisse de 9 % en Amérique du Nord liée au ralentissement du pompage sous pression aux États-Unis.
L'action gagnait 4,6 % en préouverture après ces résultats. Pour l'investisseur, la thèse repose sur un rééquilibrage géographique : la croissance internationale et les marges doivent prendre le relais d'un marché américain faible.
L'exécution sera déterminante. Les prévisions supposent que les nouveaux contrats démarrent comme prévu et que la reconstruction se transforme effectivement en commandes, sans dégradation majeure de la sécurité ni nouvelle interruption des projets.


